La Bête du Gévaudan

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Résumé :

Une ancienne légende de 1764 qui refait surface.
L’école du Gévaudan ainsi que la ville qui l’entoure assiégées par des crimes insolites.
Un monstre qui refait surface et qui raconte ses états d’âmes.
Le regard du diable et l’intelligence d’un gladiateur rusé, gaillard et habile.

Mon avis :

On croit connaître l’histoire de la Bête du Gévaudan. Une créature qui rôde, des villages terrorisés, une chasse qui vire à l’obsession. Puis on ouvre ce livre… Et on comprend que la peur ne vient pas forcément de là où on l’attend.

Ici, la bête n’est pas juste une créature monstrueuse, un loup démoniaque surgissant dans la nuit. Elle est plus diffuse. Plus insidieuse. Plus humaine, peut-être — et c’est sans doute ça le plus dérangeant.

Dans cette version des Contes Interdits, Bryan Perrot revisite complètement le mythe en le modernisant avec une aisance presque déconcertante… et une bonne dose d’humour. Peut-être même un peu trop. Parce que si cette touche apporte une certaine originalité, elle m’a aussi, par moments, un peu sortie de l’ambiance. À plusieurs reprises, j’avais davantage l’impression d’être face à une parodie qu’à un conte horrifique — ce qui casse légèrement la tension.

25 mars 2026, 23 34 09

On suit Kévin, un adolescent qui n’a clairement pas tiré les meilleures cartes. Une vie sociale quasi inexistante, un père plus proche du géniteur que du parent — alcoolique, humiliant, violent — et une mère qui préfère ne pas voir. Bref, une famille loin, très loin, des clichés idéalisés.

Et puis il y a la Bête.

Ou plutôt… il y a toujours eu la Bête.
Car ici, elle ne surgit pas vraiment : elle s’insinue. Elle observe. Elle parle. Elle est présente dès le début, et c’est à travers ses échanges avec Kévin que l’on découvre l’histoire. Et c’est là que le roman devient vraiment intéressant. Parce que malgré un ton parfois décalé, certaines scènes restent marquantes, avec une violence qui s’installe progressivement, par paliers, jusqu’à devenir franchement dérangeante.

La Bête, elle, fascine. Elle questionne.

Est-elle dépendante de Kévin ?
Peut-elle exister indépendamment de lui ?
Est-elle une entité… ou le reflet de quelque chose de bien plus humain ?
Peut-être est-elle une maladie psychiatrique ?

Autant de questions qui nourrissent la lecture — sans forcément trouver toutes leurs réponses.

J’ai vu passer beaucoup d’avis très enthousiastes concernant le moment où la Bête brise le quatrième mur. Et je comprends pourquoi : sur le papier, c’est une idée forte. Mais de mon côté… ça n’a pas pris. Au contraire, ça m’a presque sortie du récit. Peut-être mal placé, peut-être trop tôt, ou pas assez percutant — difficile à dire. Mais j’ai eu ce petit décalage qui m’a empêchée d’être totalement embarquée.

Ce qui m’a le plus marquée, finalement, ce sont les quasi-monologues de la Bête. Cette entité ancienne, mystérieuse, dont on devine l’ampleur sans jamais vraiment la saisir. Et c’est peut-être là ma plus grande frustration :
j’aurais voulu en savoir plus. Beaucoup plus. Au lieu de ça, on reste sur une tranche de vie, ancrée dans un cadre très précis, très localisé — et j’ai parfois eu l’impression que le potentiel du personnage était à peine effleuré.

Malgré tout, ma lecture reste positive. Ce n’est pas un coup de cœur, mais une découverte intéressante, avec de bonnes idées et une approche différente de la légende. Mais au fond… je ressors avec une étrange sensation. Comme si la véritable Bête n’était pas celle qu’on nous raconte,
mais celle qu’on laisse grandir, doucement, là où personne ne regarde.

Alors? Personne non plus à la cafétéria ! Mais, Kévin, comment peut-on faire un massacre, une tuerie, une hécatombe s’il ‘y a personne à sacrifier?

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