Boucle d’Or

boucle d’or 3
boucle d’or 3

Résumé :

Les contes de notre enfance revisités… pour nourrir tous nos cauchemars !
Une fillette égarée dans un monde qu’elle ne reconnaît pas. Un papa ours dissimulant peut-être l’horrible croquemitaine. Une maman ourse tourmentée cherchant à protéger ses petits. Un ourson prisonnier d’un cauchemar débuté bien avant sa naissance. Une âme vengeresse n’ayant pas dit son dernier mot.

Mon avis :

Étant une grande amatrice de la collection Les Contes Interdits, je ne pouvais évidemment pas passer à côté de Boucle d’Or de Yvan Godbout.

Petite précision avant toute chose : il s’agit de la suite de Hansel et Gretel, qu’il vaut vraiment mieux avoir lu auparavant pour comprendre pleinement certains éléments (et surtout toute la portée de la fin). Et comme toujours avec cette collection : public averti. On est sur un roman d’horreur, avec des scènes de violence, de torture et des passages particulièrement éprouvants. Ce n’est clairement pas un petit conte à lire avant de dormir avec une tisane et trois biscuits.

Nous faisons la connaissance de Marina, une petite fille blonde qui se réveille dans une grange sans aucun souvenir.
Qui est-elle ? Pourquoi est-elle là ? Que lui est-il arrivé ?

Elle ne sait rien. Et nous non plus.

À partir de là, nous avançons avec elle dans un brouillard total, tandis qu’elle tente de s’échapper et de comprendre ce qui lui est arrivé.

Puis vient la famille Ours.

Une famille qui peut, l’espace de quelques instants, donner l’impression d’être parfaitement ordinaire… avant de nous rappeler brutalement que nous sommes dans Les Contes Interdits et que, forcément, quelque chose cloche sévèrement. Très vite, une sensation de malaise s’installe. On sait que cette famille cache quelque chose, mais impossible de savoir exactement quoi.

Et c’est là que le roman fonctionne particulièrement bien : nous sommes aussi perdus que Marina. Entre son amnésie, les comportements étranges des personnages et certaines scènes franchement traumatisantes (moins trash que d’autres romans de la collection, certes… oui Peter Pan, c’est toi que je regarde) on passe notre temps à chercher des indices, imaginer des théories et essayer de faire des liens.

Personnellement, j’ai également passé une bonne partie du livre à hurler mentalement :

“MARINA, COURS. COURS TRÈS LOIN.”

Évidemment, elle ne m’a pas écoutée. Quelle ingratitude.

Le fait qu’une enfant soit au centre du récit m’a énormément touchée, comme cela avait déjà été le cas avec Hansel et Gretel. Dans beaucoup d’histoires, les enfants semblent bénéficier d’une sorte de totem d’immunité invisible. Ici… absolument pas. Dans cet univers, personne n’est réellement à l’abri. Et ça rend certaines scènes encore plus difficiles à encaisser. L’ambiance glauque et malsaine propre à la collection est, elle aussi, parfaitement présente. On a constamment cette impression d’être enfermés dans un cauchemar dont on cherche désespérément la sortie.

Puis arrive la fin. Et là…

OH. BORDEL.

Tout le flou du début, toutes les interrogations, toutes les petites pièces éparpillées commencent à s’emboîter. Et lorsque le lien avec Hansel et Gretel devient complètement évident, j’ai refermé le livre avec cette merveilleuse sensation de cerveau qui vient de prendre une chaise en pleine tête.

J’ai également énormément aimé Marina. Malgré son jeune âge, malgré sa peur et malgré tout ce qu’elle traverse, elle avance. Elle cherche des solutions. Elle se cache. Elle réfléchit. Elle survit comme elle peut. À sa place, soyons parfaitement honnêtes, ma propre aventure aurait probablement ressemblé à ça :

“Bonjour, je viens chercher de l’aide…”

POUF.

Plus de Loutre.

Fin du roman.

Marina, elle, possède un courage assez incroyable, et c’est probablement ce qui la rend aussi attachante. Enfin, c’est surtout un livre que j’ai eu énormément de mal à poser. Je l’ai dévoré en quelques jours.

Oui, je sais… Il fait environ 200 pages.

Je vous vois, au fond de la salle, en train de rigoler. Chacun son rythme je vous rappel naméoh.

Comme pour Hansel et Gretel, Yvan Godbout à une plume extrêmement fluide et addictive. Il parvient à nous enfermer dans son histoire, à créer une véritable tension et surtout à maintenir suffisamment de mystère pour qu’on ait constamment envie de tourner la page suivante. Une réécriture sombre, cruelle et dérangeante de Boucle d’Or, qui m’aura autant fait souffrir que réfléchir. Et surtout, une fin qui m’a donné une seule envie : continuer à découvrir les œuvres de l’auteur

Elle pourrait être la fille du papa. Elle pourrait être la sœur du petit ours. Elle pourrait être une petite ourse. Elle pourrait être, tout simplement.

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