
Résumé :
Éditrice junior au sein d’un prestigieux magazine de mode, Elena voit son existence voler en éclats le jour où son fiancé trouve la mort dans un tragique accident de voiture. Dévastée, elle s’enferme dans un deuil profond qui consume chaque moment de sa vie.
L’arrivée de Julian Parker, le nouveau PDG, bouleverse son équilibre précaire. Beau, riche, séduisant, et doté d’une arrogance qui frôle l’insolence, Julian s’immisce dans son travail, n’hésitant pas à lui imposer ses directives et à bousculer ses certitudes. Entre eux, le premier contact est explosif.
Mais pourquoi cet homme au charisme envoûtant semble-t-il si déterminé à franchir les frontières de sa sphère professionnelle ? Que cache son intrusion, et quelles blessures ce parfait Apollon dissimule-t-il sous son assurance ?
Une chose est sûre : leur proximité naissante se révèle être un cocktail aussi enivrant que dangereux.
Mon avis : Attention SPOIL
Je plaide coupable : j’ai délibérément laissé traîner un moment avant de lire ce livre d’Angélina Buchi.
Parce que, soyons clairs, ça fout les miquettes de lire un roman écrit par quelqu’un qu’on connaît dans la VIE RÉELLE. 😂
Angélina, en plus d’être l’autrice de cette pépite, est également ma libraire, et l’une des personnes que je respecte et affectionne le plus. Alors forcément, le trouillomètre explosait : et si je n’aimais pas ? Comment le lui dire ? Est-ce que je devrais même le lui dire ? Parce que, mine de rien, c’est délicat.
Et finalement, le problème s’est présenté exactement à l’inverse : je ne sais même pas vraiment comment commencer cette chronique tellement ce livre m’a retournée.
Enfin si.
PUTAIN DE COUP DE CŒUR.
Voilà.
On va commencer comme ça. 😂
Je pensais lire une romance autour du deuil. À la place, je me suis fait attraper émotionnellement par les chevilles, secouer dans tous les sens, essorer comme une serpillière et abandonner quelque part au fond d’un lac.
Et le pire ?
ÇA FINIT BIEN.
Oui oui.
Happy end.
Et moi quand même en ruines.
Merci Angélina. 💀💜
Au centre du roman, il y a Elena, quelque temps après la mort tragique de son fiancé. Et Elena ne va pas “un peu mal”. Elle est anéantie. Elle essaie de faire bonne figure pour son entourage, elle continue de travailler, elle donne l’impression de tenir debout…
Mais intérieurement, elle est complètement détruite. Elle s’est isolée du monde, enfermée dans cette douleur immense, incapable de réellement avancer depuis ce drame qui a pulvérisé sa vie. Et cette douleur…
On la ressent.
Elle est tellement présente, tellement profonde, tellement viscérale qu’avant même la moitié du livre, j’avais déjà pleuré deux fois.
Et pas la petite larme élégante qui roule tranquillement sur la joue hein.
Non.
La vraie douleur qui te prend à la gorge.
On sent à quel point l’équilibre d’Elena est fragile, à quel point une simple maladresse ou quelques mots mal choisis peuvent la faire basculer d’un “ça va à peu près” à une véritable crise d’angoisse.
Et forcément, mon cerveau a décidé de faire quelque chose de très intelligent :
“Et si ça t’arrivait à toi ?”
Merci cerveau.
Excellente ambiance.
Parce que même sans avoir vécu une perte comparable, le roman m’a poussée à imaginer ce vide laissé par quelqu’un qu’on aime profondément. Et honnêtement ?
Ça m’a terrifiée.
Puis arrive Julian. Et là…
💚 GREEN FLAG ALERT 💚
Alors oui. Le monsieur est beau, riche, charismatique, intelligent, séduisant et scandaleusement sexy. La fiche technique est franchement abusive.
MAIS. Julian est loin d’être parfait. Lui aussi se bat contre ses propres démons, notamment une addiction aux jeux d’argent qui a eu de vraies conséquences sur sa vie. Et quand je dis jeux, je ne parle malheureusement pas de Spyro le Dragon avec un plaid et une petite manette.
Non non.
Monsieur a littéralement dilapidé la fortune familiale dans le jeu.
Voilà voilà.
Mais surtout, Julian connaît lui aussi le deuil. Lorsqu’il rencontre Elena, il reconnaît immédiatement quelque chose chez elle : cette tristesse, cette douleur, cette impression qu’elle se tient au bord d’un précipice. Parce qu’il a déjà connu ce précipice lui aussi après la mort de sa petite sœur.
Et ce que j’ai adoré, c’est qu’il ne vient jamais “réparer” Elena.
Il ne la sauve pas.
Il l’aide à bouger.
Il la pousse.
Il l’agace parfois.
Il s’impose dans son travail.
Il bouscule certaines de ses certitudes.
Mais il ne fait jamais le chemin à sa place.
Et entre eux, l’amour ne tombe pas du ciel comme une météorite. Ça se construit. Doucement. Dans le soutien. Dans la confiance. Dans les discussions. Dans les mauvais jours. Dans les blessures qu’on accepte enfin de montrer.
Avant l’amour, il y a presque une forme d’amitié.
Deux personnes qui connaissent la douleur.
Deux personnes qui reconnaissent chez l’autre quelque chose qu’elles comprennent trop bien.
Et petit à petit, sans vraiment s’en rendre compte, elles s’aident mutuellement à remonter à la surface.
Et ça…
Mon petit cœur n’était absolument pas prêt. 😭
Le roman arrive aussi à faire quelque chose que j’aime énormément : passer d’un moment complètement absurde à une scène émotionnellement dévastatrice sans que ça sonne faux.
Parce qu’on peut littéralement passer de :
la petite culotte d’Elena qui trempe dans le lavabo de Julian. 😂😂😂
à quelques pages plus tard :
Bonjour, bienvenue au cimetière, maintenant souffrez.
MADAME.
UN PEU DE STABILITÉ.
JE VOUS EN SUPPLIE.
Et puis il y a les personnages secondaires. Et eux aussi ont vraiment quelque chose à raconter.
Il y a notamment Alice, qui m’a énormément touchée. Alice, c’est cette femme pétillante, toujours souriante, pleine d’énergie. Mais derrière tout ça, elle souffre énormément dans une relation qui ne lui apporte que douleur et espoir déçu. Elle est profondément amoureuse de son supérieur, qui lui ne la considère que comme une aventure sans lendemain.
À un moment, complètement détruite par cette relation, elle finit par se cloîtrer chez elle. Et Elena, qui commence justement à peine à se rouvrir au monde, va la chercher. Et là, Alice s’excuse. Elle s’excuse presque d’avoir mal. Parce qu’elle compare sa douleur à celle d’Elena. Parce qu’elle estime que sa souffrance n’est pas légitime face à celle d’une femme qui a perdu son fiancé.
Et là…
Je bénis Elena.
Parce qu’elle lui rappelle quelque chose de tellement important :
la douleur n’est pas un concours.
Les situations ne sont pas les mêmes.
Les raisons ne sont pas comparables.
Mais chacun ressent les choses différemment.
Et personne n’a besoin de “mériter” le droit d’avoir mal.
Ce passage m’a vraiment marquée. Et il montre aussi quelque chose de très beau dans l’évolution d’Elena. Au début, c’est elle qu’on essaie de ramener vers le monde. Plus tard, c’est elle qui va frapper à la porte de quelqu’un d’autre. Et je trouve ça terriblement fort.
On croise aussi Mathieu, Bradford — qui mériterait accessoirement une formation accélérée sur le consentement ET sur la sociabilisation avec autrui — et Stefen.
Stefen.
Alias, au départ :
le connard de frère de Julian.
Sauf qu’en fait… Bon. Il n’est peut-être pas SI connard que ça. 😂
Et j’en viens à la fin. Parce qu’elle aussi m’a énormément touchée.
Elena finit par démissionner et accepte une opportunité professionnelle au Japon proposée par Stefen. Et ce que j’ai aimé, c’est que ce choix est totalement tourné vers elle.
Il n’y a aucune ambiguïté romantique avec Stefen. Zéro triangle amoureux sorti d’un buisson. Il voit simplement son talent et lui propose une opportunité qui ne se représentera peut-être pas.
Et Elena accepte. Pour elle. Parce qu’elle comprend qu’en restant là où elle est, elle risque de ne jamais réellement avancer professionnellement. Parce qu’elle saisit enfin une chance. Parce qu’elle commence à faire des choix tournés vers son avenir.
Et ça, pour moi, c’est l’une des plus belles preuves de son évolution.
Au début du roman, Elena est figée dans ce qui lui est arrivé.
À la fin ?
Elle choisit une destination.
Et rien que ça, ça m’a achevée.
Alors oui, Après toi est une romance. Mais pour moi, c’est surtout un roman :
Sur le deuil.
Sur la reconstruction.
Sur la culpabilité.
Sur l’addiction.
Sur les relations toxiques.
Sur l’amitié.
Sur le fait d’accepter qu’on puisse rire après avoir souffert.
Sur le fait d’apprendre à avancer sans effacer ce qu’on a perdu.
Et surtout… sur le droit de recommencer à vivre.
Ce livre ne m’a pas brisé le cœur parce qu’il finit mal.
Il m’a brisé le cœur parce qu’il m’a fait ressentir chaque étape nécessaire pour recommencer à vivre.
⭐ IMMENSE COUP DE FOUDRE.
Mon cœur : en miettes.
Mon mascara : porté disparu.
Mon intégrité émotionnelle : déclarée sinistrée.
Angélina : devra répondre de ses actes.
Et moi, maintenant ?
Je vais probablement regarder ma libraire différemment.
Genre :
“Bonjour oui, je viens chercher un livre… et éventuellement déposer une demande d’indemnisation pour dégâts émotionnels.”
😂📚✨
« Mais tu es tombée amoureuse, ces choses-là ne se contrôlent pas. Tu n’as pas commis un crime, tu as simplement ouvert ton coeur. »

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