Les contes qu’on ne raconte pas

2
2

Résumé :

On connaît leurs histoires. On connaît leurs personnages. On connaît leurs fins.
Enfin… c’est ce que l’on croit.

Dans Le Petit Chaperon Rouge Sang, une promenade dans les bois prend une tournure bien plus inquiétante que prévu.
Dans Hans Seul et Bretzel, deux enfants découvrent que certaines maisons en pain d’épices cachent des secrets qu’il vaut mieux ne pas dévorer.
Dans Les Trois Petits Cochons et le Grand (Presque) Méchant Loup, les porcinets ne sont peut-être pas ceux que l’on imagine…
Dans La Bourgeoise au Bois Dormant, un conte de princesse se transforme en huis clos où le sommeil n’a plus rien d’enchanteur.
Dans Les Souliers Rouges, un simple objet peut devenir le point de départ d’une histoire dont on ne ressort pas indemne.
Et avec Barbe Bleue, il faudra pousser la porte, entrer dans la maison… et découvrir ce qui se cache derrière les pièces interdites.

Six contes. Six détournements.
De l’humour noir, du suspense, du malaise et une bonne dose de cruauté.
Parce que certaines histoires ont été inventées pour être racontées aux enfants.
Ce n’est pas forcément le cas de celles-ci…

Mon avis :

📩 Lecture réalisée dans le cadre d’un service de presse. Cet avis reflète uniquement mon ressenti personnel.

Il y a des lectures qui nous déçoivent, d’autres qui nous frustrent… Et puis il y a celles qui réussissent à faire les deux, avec quelques soupirs d’agacement en prime. 😅 Et malheureusement, ce recueil fait partie de cette dernière catégorie. Pourtant, sur le papier, tout avait pour me séduire !

Six contes traditionnels revisités dans un univers contemporain, à la croisée du thriller et de l’horreur. Avec un titre et un résumé aussi prometteurs, difficile pour moi de résister ! Les contes possèdent déjà une part de noirceur fascinante, alors les découvrir sous un angle encore plus sombre et dérangeant ? J’étais plus que partante !

Sauf qu’entre mes attentes et mon expérience de lecture, il y a eu un sacré décalage.

Et ce n’est pourtant pas faute d’avoir trouvé des idées intéressantes !

Certaines réinterprétations proposent des concepts originaux, parfois même particulièrement ingénieux. Malheureusement, j’ai régulièrement eu le sentiment que leur développement ne leur rendait pas justice. L’un de mes premiers problèmes concerne la construction des personnages, notamment leur voix narrative.

Dans Le Petit Chaperon rouge et Hansel et Gretel, par exemple, j’ai eu beaucoup de mal à retrouver des enfants dans leur manière de penser et de s’exprimer.

Qu’un jeune personnage développe une maturité précoce en raison de son vécu, je peux parfaitement le comprendre. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’il doit réfléchir ou s’exprimer comme un adulte désabusé. Cette difficulté ne se limite d’ailleurs pas à l’âge des protagonistes. Certaines réactions ou décisions m’ont également semblé peu cohérentes avec leur personnalité ou leur histoire personnelle.

Et quand je commence à remettre en question les comportements des personnages plutôt qu’à m’inquiéter pour eux, c’est généralement mauvais signe pour mon immersion. 🙈 À cela s’ajoutent des références contemporaines parfois trop insistantes, quelques représentations assez caricaturales et des touches d’humour qui n’ont pas toujours trouvé leur public avec moi.

Disons que mes yeux ont eu l’occasion de faire un peu de gymnastique au fil des pages. 🙄😂

Mais ce qui m’a véritablement manqué, c’est cette atmosphère mêlant thriller et horreur annoncée dans la présentation du recueil. Attention, je ne m’attendais pas à trembler sous mon plaid à chaque page ! Seulement, j’espérais retrouver du suspense, une tension progressive, un sentiment de malaise… Cette impression que quelque chose de terrible se prépare et qu’on ne peut rien faire pour l’empêcher. Or, j’ai trop souvent eu le sentiment que les nouvelles misaient davantage sur leur conclusion macabre que sur la construction de cette tension.

Parce que raconter quelque chose d’horrible ne suffit pas nécessairement à faire ressentir l’horreur.

Et c’est une distinction qui a énormément pesé dans mon appréciation.

Heureusement, quelques nouvelles ont tout de même réussi à tirer leur épingle du jeu !

👠 Les Souliers rouges est, sans hésitation, celle que j’ai préférée.

Bien que cette réécriture reste très proche du conte original, j’ai apprécié sa transposition contemporaine et surtout la construction de son héroïne. Karine possède une manière de réfléchir et d’évoluer qui correspond globalement à son âge et à son parcours. Pour une fois, j’ai réussi à m’attacher davantage au personnage et à comprendre ses réactions. Le malaise s’installe progressivement et les événements s’enchaînent de manière plus naturelle. Malgré quelques maladresses et un dénouement un peu précipité, cette nouvelle m’a nettement plus convaincue que les précédentes.

🔑 Barbe Bleue propose également des éléments intéressants, notamment une scène finale particulièrement macabre.

Et cette fois, l’horreur fonctionne bien mieux à mes yeux !

La peur et la souffrance des personnages sont perceptibles, ce qui donne une tout autre dimension à la violence de la situation. Malheureusement, une relation amoureuse que j’ai trouvée trop précipitée, certaines réactions peu convaincantes et des transitions parfois confuses ont régulièrement fragilisé mon immersion.

J’ai également apprécié les liens établis entre certains contes, notamment lorsqu’un personnage réapparaît dans une autre nouvelle. C’est une idée sympathique qui apporte une certaine continuité à l’ensemble.

Quant à La Belle au bois dormant, elle représente probablement l’une de mes plus grandes frustrations.

Sa réinterprétation et l’univers imaginé avaient de quoi proposer quelque chose de vraiment intéressant. Mais entre l’accumulation d’informations délivrées presque d’un seul bloc et un dénouement trop rapide à mon goût, j’ai eu l’impression que l’histoire s’arrêtait précisément au moment où elle aurait pu prendre une autre dimension.

Et c’est finalement ce sentiment qui a accompagné une grande partie de ma lecture.

Des idées, il y en a. Mais leur traitement ne m’a pas permis d’en apprécier pleinement les possibilités.

J’aurais aimé découvrir des personnages plus approfondis, des comportements davantage en accord avec leur psychologie et des intrigues qui prennent le temps de construire leur atmosphère. Car au-delà du caractère sanglant ou macabre de certaines situations, c’est avant tout l’émotion et la tension qui m’ont manqué.

Au final, je referme ce recueil avec un mélange de déception, de frustration et, je l’avoue, d’agacement.

Je tiens néanmoins à souligner les qualités que j’y ai trouvées, ainsi que les quelques passages qui ont réellement retenu mon attention. Mais cela n’a malheureusement pas suffi à contrebalancer les difficultés rencontrées au cours de ces six nouvelles.

Je m’attendais à des contes qui me feraient frissonner, qui me plongeraient dans une ambiance sombre et oppressante… Je ressors surtout avec le sentiment d’être passée à côté de quelque chose qui aurait pu me captiver.

Une lecture qui n’aura donc pas répondu à mes attentes, malgré plusieurs idées que j’aurais aimé voir davantage exploitées. Et quelques soupirs dont je me serais volontiers passée. 😅

🐾 Le verdict du Loutromètre : Pas pour moi.

Je voulais frissonner… j’ai surtout soupiré ! 🙈

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *