La belle au bois dormant

La belle au bois dormant

Résumé : 

Une fillette hantée de souvenirs qui ne sont pas les siens;

Des cauchemars, incessants, qui frappent à la même heure;

Un avertissement incompris, une menace ignorée;

Et le passé terrifiant, impitoyable, qui rattrape l’innocence d’Aurore.

 

Mon avis :

 

On croit connaître l’histoire. On pense savoir où on met les pieds. Une princesse. Une malédiction. Un sommeil éternel. Et puis on ouvre ce livre…
et très vite, quelque chose cloche.

Parce que non. On ne connaît rien.

Ici, Aurore n’est pas une silhouette figée dans un décor pastel. Elle vit. Elle évolue. Elle dérange presque par moments. On la voit grandir, on la suit, on s’y attache — malgré l’ellipse entre l’enfance et l’âge adulte, il y a ce sentiment étrange d’avoir traversé quelque chose avec elle. Comme si on avait été témoin… sans tout comprendre.

Et c’est là que le malaise s’installe. Pas frontal. Pas bruyant. Insidieux.

Il se glisse dans les silences, dans les regards, dans ce fameux secret autour de sa naissance. Dans tout ce qui n’est pas dit.
Dans cette sensation persistante que quelque chose est… cassé. Profondément.

Ici, la violence ne cherche pas à choquer. Elle s’infiltre. Elle s’impose doucement. Et quand on s’en rend compte, il est déjà trop tard. Oui, certaines scènes sont dures. Mais étrangement, ce n’est pas ce qui marque le plus. Là où d’autres tomes misent sur le choc visuel, celui-ci joue une autre partition : celle de la tension qui s’installe, qui serre, qui ne lâche plus.

C’est une horreur plus feutrée. Plus psychologique. Et, quelque part… plus dérangeante. L’ambiance est lourde, presque gothique par moments. On sent la fatalité ramper sous chaque page. On sait. Sans savoir pourquoi, mais on sait : ça ne peut que mal finir. Et c’est peut-être ça, le plus troublant.

Cette impression que tout est déjà écrit.
Qu’on assiste à quelque chose d’inévitable.

Si je devais le comparer à Peter Pan dans la même collection, la différence est nette : là où Peter Pan frappe violemment par son aspect graphique, La Belle au bois dormant préfère t’installer dans un inconfort durable. Plus discret. Mais plus tenace. Ce n’est pas une lecture qui cherche à te retourner par le gore. C’est une lecture qui te ronge doucement. Et franchement ? C’est presque pire.

Une réécriture sombre, adulte, maîtrisée — qui transforme un conte qu’on pensait maîtriser en quelque chose de bien plus trouble… sans jamais tomber dans le gratuit.

 

 

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